Milhas, Ceux de 14 morts pour la FRANCE
Ils avaient de beaux prénoms les Justin, Bertrand, Jean,
Jean Marie, François etc., ils n’étaient pas très grands, autour du mètre 60,
peu dépassaient le mètre 70, aucun ne mesurait 1m80. Ils avaient pour la
plupart les cheveux châtain-foncé et les yeux marron. Quelques uns avaient les
yeux bleus. Treize s’appelaient Barès, on les distingue grâce au nom de la
maison. Le plus jeune avait 20 ans, le plus vieux 50 ans. A peu près tous
avaient le certificat d’études, un seul ne savait ni lire, ni écrire. Un avait
le brevet. La majorité étaient cultivateurs, 2 marchands, 1 colporteur, 1
rémouleur, 1 étameur, 1 commis, 1 employé des postes, 1 industriel.
Aucun de ceux là n’est revenu reprendre sa place dans le
village. Les plus jeunes sont bien sûr morts sans descendance, mais laissant
quelquefois une « fiancée ». Le deuil sera le lot de toutes et de
tous, parents, épouses, enfants, frères, sœurs, fiancées.
Ceux qui vont mourir au front sont fauchés en pleine
jeunesse, autant dire une épreuve dont une famille, un village ne se remet pas
ou se remet mal, d’autant que ceux qui reviennent ne sont pas en très bon
état : blessés, gazés, amputés, choqués, malades.
Cent ans après, que reste-t-il de tout cela ? Des noms
sur un monument, des archives militaires. Cent ans après, nous voulons nous
souvenir d’eux ensemble en leur rendant hommage devant leur monument.
Il y a cent ans, début
août 1914, comme partout en France, le tocsin retentit à Milhas. C’était le
début de ce qui allait devenir la Grande
Guerre. Sont inscrits sur ce
monument les noms de ceux qui sont morts au front ou à l’arrière des suites de
blessures ou de maladie. Pour ce centenaire,
rendons-leur aujourd’hui un hommage solennel. Souvenons nous d’eux et
des souffrances endurées par eux et tous ceux qui vécurent cette époque.
Souvenons nous de :
- Barrère Michel, du Mourtis, mort le 27 août 1914 à l’âge de 33 ans dans la forêt de Jaulnay, dans la Meuse. {Porté disparu. Il est le premier mort du village, son frère Bertrand mourra en 22 des suites de la guerre}
- Barès Pierre, dit Job, mort le 7 septembre 1914 à l’âge de 28 ans à Pierrefitte-sur-Aire dans la Meuse. {Son frère, Jean- louis meurt le lendemain}
- Barès Jean-Louis, dit Job, frère de Pierre, mort le 8 septembre 1914 à l’âge de 22 ans, à Belâtre dans la Somme. {a suivi son frère, Pierre, de près dans la mort}
- Barès Jean-Marie, dit Clucat, mort le 15 septembre 1914 à l’âge de 30 ans à Virginy dans la Marne. {disparu. Il n’avait apparemment pas fréquenté l’école, il est le seul à ne savoir ni lire, ni écrire ; ce qui ne l’empêchera pas de mourir pour la France. }
- Barès Jean-François, dit Job, mort le 26 décembre 1914 à l’âge de 22 ans à l’hôpital de Noyon dans l’Oise. {Le plus grand : il mesurait 1m79.}
- Laylle Bertrand Félicien, mort le 16 octobre 1914 à l’âge de 42 ans au Havre. {Il vivait au Guatemala, est venu pour la guerre qui s’est arrêtée pour lui dès octobre 14. }
- Barès Séraphin, dit Peilloun, mort le 2 novembre 1914 à l’âge de 24 ans à Wytschaëtte en Belgique. {Il habitait rue d’Auteuil à Paris et exerçait la profession de marchand}
- Garçon Gaston { de lui, on ne sait rien }
- Mône Ernest, dit Aouédolles, mort le 14 novembre 1914 à l’âge de 36 ans. {On ne sait rien de lui}
- Laylle Jules, mort le 16 juin 1915 à l’âge de 21 ans à Arras. {C’est à lui qu’on écrira une lettre d’outre tombe ; voir lettre à Jules.}
- Boué Bertrand, dit Tuhan, mort le 24 juin 1915 à l’âge de 28 ans à Châlons-sur-Marne {Le frère de Juline – voir lettre à Jules}
- Rumèbe Elie, dit Sarrado, mort 9 juillet 1915 à l’âge de 20 ans à Souchez dans le Pas-de-Calais. {le mort le plus jeune du village, il venait tout juste d’avoir 20 ans. Il avait les yeux bleus et mesurait 1m72.}
- Barès Jacques Eugène, dit Gourdou, mort le 27 juillet 1915 à l’âge de 24 ans à Gérardmer dans les Vosges. {Chasseur alpin ; il a une tombe au cimetière de Saulny-sur-Meurthe dans les Vosges.}
- Pradère Jean dit Clare, mort le 30 septembre 1915 à l’âge de 35 ans à Perthes dans la Marne. {le seul blond, il avait les yeux bleus. Il est inhumé à Souain Perthes lès Hurlus.}
- Rumèbe Michel, dit Dominique, mort le 6 octobre 1915 à l’âge de 31 ans à Perthes dans la Marne. {lui aussi est mort à Perthes lès Hurlus comme son camarade jean Pradère, à quelques jours près.}
- Boué Bertrand, du Courneil, dit Cartouche. {On n’en sait pas plus}
- Barès François, dit Mayenc, mort le 26 février 1916 à l’âge de 30 ans, naufragé de la Provence II. { Il était marié et avait une fille Anaïs}
- Jeandreau Jean-Pierre, mort le 3 juillet 1916, à l’âge de 31 ans dans la Somme. {il avait les yeux bleus et une fille Jeanne.}
- Barès Jean, dit Camade. {on ne sait rien de plus.}
- Barès Bertrand, dit Bourric, mort le 11 décembre 1916 à l’âge de 33 ans à Beuvraignes dans l’Oise. {il fut tué à son poste de guetteur.}
- Rumèbe Jean-Louis de L’Aouédolle de Save, mort le 25 janvier 1917, à l’âge de 28 ans, à l’hôpital de Rambouillet. {Il avait les yeux gris verdâtre et les oreilles écartées.}
- Garçon Maurice { on ne sait rien de lui.}
- Durrieu François, dit Reberuque, mort le 27 avril 1917, à l’âge de 34 ans, à l’hôpital militaire de Marle dans l’Aisne. {Il a une sépulture à Guise dans L’Aisne tandis que de son frère Lucien on ne sait rien.}
- Durrieu Lucien, frère de François. {On n’en sait pas plus}
- Junqua Justin, dit Bélit, mort le 30 mai 1918, à l’âge de 30 ans, dans l’Aisne. {Disparu. Lieutenant, le seul du village à ce grade.}
- Sauné Bertrand, dit Pélach, mort le 6 juin 1918, à l’âge de 39 ans à l’hôpital de Compiègne. {Il était brancardier et fut mortellement blessé à son poste.}
- Barrère Bertrand, dit Bourdalé, mort le 20 juillet 1918 à l’âge de 39 ans à Pourcy dans la Marne. {Caporal. Il fut mortellement frappé à son poste de combat. Il est inhumé à Suippes dans la Marne. Il était marié à maria Duchein de Razecueillé.}
- Barès Jean-Marie, dit Pinçon, mort le 8 août 1918 à l’âge de 33 ans à l’hôpital de Senlis dans l’Oise. {Caporal. Il fut blessé 2 fois : en 14 dans la Marne, en 15 à Arras avant d’être mortellement touché en 1918}
- Barès Jacques dit Ribère, mort le 28 octobre 1918 à l’âge de 31 ans à l’hôpital de Toulouse. {Meurt de Broncho-pneumonie à Toulouse, est inhumé à la crypte Saloniqueà Toulouse}
- Sont morts après l’armistice des suites de la guerre, blessures ou maladie:
- Daffos Germain, le 5 février 1919, à l’âge de 35 ans. {a servi dans l’armée d’Orient ; blessé en Serbie ; a fait 37 mois de front. Avant la guerre, il habitait Paris et était colporteur. }
- Duchein Zacharie, dit Gay le 14 février 1919, à l’âge de 43 ans. {Il était rémouleur et habitait Carcassonne. Il a fait toute la guerre et en est mort le 14février 1919. Il était marié à Mathilde Ousset et avait un fils, Jean.}
- Boué Germain, dit Mounet, le 21 mars 1919, à l’âge de 50 ans { Il est le plus âgé des morts.}
- Barès Alphonse, dit Pinçon, frère de Barès Jean-Marie, le 26 mars 1919, à l’âge de 22 ans. {Il est l’un des plus jeunes, s’est engagé à 18 ans pour mourir à 22 ans des « fatigues du service ».}
- Daffos Joseph, dit Larréoule, le 23 juillet 1921, à l’âge de 33 ans. {marié à Ernestine Jeandreau. Il avait été amputé du bras droit.}
- Adeil Jean, dit Cabanoun, le 29 octobre 1919, à l’âge de 43 ans {Il était marié à Marie Boué et avait une fille, Olga.}
- Rumèbe Louis, de L’Aouédolle de Save, frère de Rumèbe Jean Louis, le 11 novembre 1921. [Il avait les yeux bleus, et était l’un des plus jeunes : classe 19. Il a été réformé de guerre et est rentré chez lui pour y mourir le 11 novembre 1919 }
- Barrère Bertrand, du Mourtis, frère de Barrère Michel, le 15 janvier 1922, à l’âge de 47 ans {son frère fut le premier soldat tué au front ; lui un des derniers à mourir de suites de la guerre. Ils avaient une sœur, Maria.}
- Barès Jules, le 11 octobre 1922, à l’âge de 27 ans. {Il avait le brevet de l’enseignement primaire, était employé des postes et résidait à Limoges.}
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