« Des poux, des rats, des
barbelés, des puces, des grenades, des bombes, des trous d’obus, des cadavres,
du sang, de l’eau de vie, des souris, des chats, des gaz, des canons, de la
boue, des balles, des tirs de mortier, du feu, de l’acier, voilà ce qu’est la guerre ! Tout ça est une œuvre
du diable ! » (Otto Dix, Journal
de guerre)
Février 1916 : deux ans de guerre. Trois millions de morts. Aucun
des belligérants ne parvient à prendre l’ascendant sur l’autre.
La bataille de Verdun
Le 21 février 1916, les Allemands
tentent de percer à Verdun, persuadés qu’ils vont pouvoir l’emporter
rapidement, entre autre grâce à leur artillerie. Ce sera un déluge de feu mais
contre toute attente les Français résistent vaillamment à cette attaque massive
et brutale.
La bataille franco-allemande
durera trois-cents jours, ce sera une suite de combats acharnés.
Les français convaincus que le
sort de leur pays se joue sur ce bout de terre se montreront à la hauteur de
leur destin, résumé par le mot célèbre de Pétain : « Courage, on les
aura ! »
Verdun, c’est la bataille que
l’on n’a pas le droit de perdre. C’est à Verdun que l’esprit défensif français
atteindra son apogée. « On ne passe pas. » Les Allemands arrêteront
leur attaque et s’organiseront en position de résistance de longue durée.
Puis viendra la contre-attaque
française qui se terminera en décembre 1916, ramenant le front sur le tracé
initial de février 1916.
Si sur le plan stratégique,
Verdun ne change rien, en France cette bataille apparaît comme le symbole de
l’héroïsme national et le restera jusqu’à aujourd’hui.
Verdun a tenu mais à quel
prix ?
L’enfer de Verdun
300 000 morts sur un front
de 20 kilomètres. 163 000 tués ou disparus du côté français, 216 000
blessés. 143 000 tués ou disparus du côté allemand, 200 000 blessés.
Neuf villages entièrement détruits, un secteur classé « zone
rouge » : inconstructible et incultivable. Malgré le reboisement, les
stigmates en sont encore bien visibles aujourd’hui.
Verdun est la première grande
bataille industrielle, une bataille totale franco-allemande qui se solde par un
carnage et une destruction complète du territoire. Verdun est ce que le combat
a de plus moderne, l’artillerie, les gaz, les lance-flammes, et aussi ce qu’il
y a de plus archaïque : le combat de proximité, le corps-à-corps à l’arme
blanche, de trou d’obus en trou d’obus…
Les pertes effrayantes et
l’horreur des combats vont contribuer à remettre en question la façon de
conduire les opérations des grands chefs militaires. Sur le front dans les
tranchées la révolte gronde : malgré la victoire l’épreuve n’en continue
pas moins pour les combattants de première ligne. Les souffrances et les
tourments qu’ils endurent dépassent les limites de la résistance humaine. Les
journaux satiriques tels que Le Canard Enchaîné vont trouver des échos
favorables auprès des poilus et les mutineries de 1917 auront pour origine
directe le cauchemar de Verdun.
La « légende» de Verdun
Mais pour l’heure c’est le
soulagement et la fierté d’avoir tenu bon à Verdun qui prédominent. D’emblée se
forme la légende de Verdun. Les Français ont eu très peur. L’héroïsme des
soldats et le soulagement éprouvé par le pays tout entier vont donner à cette
bataille une importance exceptionnelle. Les anciens combattants vont jouir
d’une aura particulière : la durée de la bataille associée au système
de relève (instauré par Pétain) ont fait qu’un million et demi de mobilisés
sont passés par Verdun. C’est ainsi qu’on finira par dire : "Qui n’a
pas fait Verdun, n’a pas fait la guerre."
Dans la mémoire collective la
bataille de Verdun résume à elle seule la Grande Guerre, elle en est le
symbole, l’emblème jusqu’à aujourd’hui. VERDUN, C’EST LA FRANCE !
L’ossuaire de Douaumont, où sont
rassemblées 130 000 dépouilles françaises et allemandes, est devenu un "lieu de mémoire" voué au souvenir mais aussi un symbole de la
réconciliation et une exhortation à la paix.
Les morts de Milhas en 1916
Jean-Pierre JEANDRAU : mort
à l’âge de 31 ans, le3 juillet 1916, dès les premiers jours de la bataille de la
Somme.
Jean BARES dit "Camade"
Bertrand BARES dit "Bourric" : classe 1903, mort le 11 décembre 1916 à l’âge de
33 ans à Beuvraignes dans la Somme : "tué à son poste de
guetteur après trois heures d'observation sous un bombardement violent", "soldat d'un courage remarquable". Croix de guerre avec étoile d'argent.
François BARES dit "Mayenc" : classe 1906, mort le 26 février 1916, à l’âge de trente ans. Naufragé du bateau la Provence II qui a été coulé par le U-Boot U-35 qui avait pour commandant Arnaud de la Perrière. (Aujourd'hui son petit-fils poursuit l'engagement familial en étant maire de Milhas).
LE PROVENCE II
LE PROVENCE II


Torpillage du paquebot La Provence (Provence II sous réquisition)
Le paquebot La Provence de la Cie Générale Transatlantique avait été réquisitionné par
la Marine Nationale au début de la guerre, renommé Provence II en raison de l'homonymie avec le cuirassé Provence, il avait été transformé en croiseur auxiliaire servant au transport des troupes. Le 26.2.1916, il était torpillé par le sous-marin U-35 et coulé alors qu'il effectuait un transport de troupes de Toulon vers les Dardanelles.
Extrait du journal de guerre du sous-marin U-35, Cdt Lothar v.Arnauld de la Perière
en date du 26.II.1916
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Transcription et traduction (les heures sont celles du sous-marin)
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