1916: l'année des grandes batailles
La bataille de la Somme
L'autre grande bataille de l'année 1916 sera celle de la
Somme.
L'offensive franco-britannique débute le 1er juillet qui sera un jour
tragique pour l'armée britannique: 60 000 victimes en ce premier juillet. Il
faudra 4 mois aux soldats pour atteindre leur objectif alors qu'ils pensaient
enfoncer le lignes allemandes dès le premier jour. Dans la mémoire nationale
anglaise la bataille de la Somme a
acquis une place comparable à celle de Verdun pour la France et l'Allemagne.
300 000 morts britanniques et français. 170 000 morts du côté allemand.
Mémorial de Thiépval
C'est au cours de cette bataille que sont expérimentés par
les Britanniques les chars d'assaut qui joueront un rôle essentiel par la
suite.
1917 A nnée cruciale. La
guerre devient mondiale.
Morts de Milhas de 1917
Rumèbe Jean louis dit de l'Aouedolle de Save (28 ans)
le 25 janvier à Rambouillet
Garçon Maurice on ne connaît pas les
circonstances de sa disparition
Durrieu François dit de la Reberuque (34 ans) le 27
avril 1917 à l'hopital militaire de Marle dans l'Aisne, Sépulture à Guise.
Durrieu Lucien son frère on ne connaît pas les
circonstances de sa disparition
Le 6 avril 1917 les Etats-Unis entrent en guerre.
1917 L'offensive Nivelle du chemin des Dames est un échec
sanglant. En mai Nivelle est remplacé par Pétain.
Les Poilus ne
supportent plus les conditions des combats.
Chanson de Craonne
Quand au bout d'huit jours, le r'pos terminé,
On va r'prendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile.
Mais c'est bien fini, on en a assez,
Personn' ne veut plus marcher,
Et le cœur bien gros, comm' dans un sanglot
On dit adieu aux civ'lots.
Même sans tambour, même sans trompette,
On s'en va là haut en baissant la tête.
Refrain
Adieu la vie, adieu l'amour,
Adieu toutes les femmes.
C'est bien fini, c'est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C'est à Craonne, sur le plateau,
Qu'on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
C'est nous les sacrifiés !
C'est malheureux d'voir sur les grands boul'vards
Tous ces gros qui font leur foire ;
Si pour eux la vie est rose,
Pour nous c'est pas la mêm' chose.
Au lieu de s'cacher, tous ces embusqués,
F'raient mieux d'monter aux tranchées
Pour défendr' leurs biens, car nous n'avons rien,
Nous autr's, les pauvr's purotins.
Tous les camarades sont enterrés là,
Pour défendr' les biens de ces messieurs-là.
Refrain
Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance,
Pourtant on a l'espérance
Que ce soir viendra la r'lève
Que nous attendons sans trêve.
Soudain, dans la nuit et dans le silence,
On voit quelqu'un qui s'avance,
C'est un officier de chasseurs à pied,
Qui vient pour nous remplacer.
Doucement dans l'ombre, sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes.
Refrain
Ceux qu'ont l'pognon, ceux-là r'viendront,
Car c'est pour eux qu'on crève.
Mais c'est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève.
Ce s'ra votre tour, messieurs les gros,
De monter sur l'plateau,
Car si vous voulez la guerre,
Payez-la de votre peau !
Les mutineries se multiplient. Des dizaines de soldats sont
fusillés.
Le film de Stanley Kubrick Les sentiers de la gloire leur
rend un bel hommage en immortalisant
leurs tragiques destins mêlés à ceux des fusillés de Souain de 1915.
En juin, à Ypres, les Allemands utilisent pour la première
fois « legaz moutarde »
En Russie, la Révolution éclate à Petrograd en mars, le tsar
Nicolas II abdique. Puis ce sera la Révolution d'Octobre qui va entraîner la
perte pour la France du grand allié sur le front de l'est.
En novembre, Clémenceau devient président du conseil.
1918 la Victoire
Morts de Milhas de 1918
Junqua Justin dit Bélit, 30 ans disparu dans l'Aisne
le 30 mai
Sauné Bertrand dit Pelach 39 ans mort de ses blessures
à l'hôpital de Compiègne.
Barrère Bertrand dit Bourdalé, 39 ans, mort le 20
juillet 1918 à Pourcy dans la Marne et inhumé à Suippes
Barès Jean Marie dit Pinçon, 33 ans, mort le 8 août
1918 à l'hôpital de Senlis;
Barès Jacques dit Ribère, 31 ans mort le 28 octobre
1918 à Toulouse; sépulture à la crypte Salonique;
En janvier le
Président Wilson énonce ses 14 points.
Le 3 mars Paix de Brestlitovsk, l'Allemagne peut concentrer
ses forces à l'ouest.
Le 21 mars les Allemands lancent une grande offensive en Picardie.
Le 23 mars « la grosse Bertha » atteint Paris - 88
morts à l'église Saint Gervais le 29 mars
Le 14 avril Foch est en charge du commandement unique
interallié.
Le 27 mai les Allemands lancent une série d'offensives sur le
Chemin des Dames puis en Champagne.
Contre-attaque des Alliés, les Allemands reculent, c'est la
deuxième victoire de la Marne.
Le 8 août à Montdidier est « le jour de deuil de l'armée
allemande » (général Ludendorff).
Le 11 novembre l'armistice est signée à Rethondes. Il
entre en vigueur à 11 heures.
La guerre est finie, il faut faire la paix.
C'est le début de l'après guerre, on ne sait pas encore que
ce n'est que l'entre-deux-guerres et non « la Der des Der ».
L'Europe va perdre sa prédominence. Le monde va se
réorganiser.
Bilan:
8,7 millions d'hommes incorporés en France entre 14 et 18
1,5 million de morts ou disparus français soit 28% des
combattants, 16,8% des mobilisés français. 86% des décés sur le champ de
bataille
2 800 000 blessés
40% des mobilisés touchés.
La guerre aura coûté à la France 10% de sa population masculine active
30% de disparitions pour la classe 14 : « Paul, tu as eu
de la chance, est-ce d'être né un 14 février? »
Les paysans qui fournirent l'essentiel des troupes de
fantassins représentent 30% de la population active en 1914 et 41,5% des pertes en1918. « Toi,
Paul et tes camarades paysans, en avez vous eu reconnaissance? »
700 000 veuves de guerre sans oublier un grand nombre de
fiancées-veuves [ « n'est-ce-pas, Juline, a-t-on pensé à toi, en
18 et après? »] les orphelins de père et plus difficile à évaluer, les
souffrances psychiques de toutes et tous
Pour clore le tout, il
y eut la grippe espagnole
Aux morts la
patrie reconnaissante
La guerre de 14 est l'acte inaugural du 20ème siècle, la
catastrophe originelle, la matrice d'où
sortiront fascisme, totalitarisme,
nazisme et tous les massacres qui s'en suivront. L'expérience de la
brutalisation, de la déshumanisation, de la mort de masse, anonyme et brutale
aura des répercussions sur les hommes et
la suite des événements. Tous ceux qui
ont traversé ces années de violence et de souffrance en seront marqués, les uns
choisiront de devenir pacifistes, d'autres poursuivront sur la voie de la
violence. Ce sont ces derniers qui donneront le ton.
Faut-il en déduire que tous ces morts sont morts pour rien?
A Milhas, la saignée opérée par la guerre s'est manifestée
comme ailleurs et comme ailleurs, on a repris le cours des choses, regardé vers
l'avant, repris la charrue et continué les travaux des champs. On s'est marié,
a fait des enfants, on est entré dans la modernité, dans le 20ème siècle.
Paul ne fut pas le dernier à coupler tradition et modernité.
Avec Joséphine et les vieilles tantes, il fit marcher la ferme. Il reprit la
musique et son activité de chantre. Sa grande fierté, il fut le premier du
hameau à avoir un poste TSF. Le hameau eut même l'électricité avant le village.
Mais son grand chantier ce fut de faire ouvrir la route pour desservir le hameau
et relier Milhas et Razecueillé...
Les choses allaient de l'avant, il faisait des projets
d'études pour sa fille, Francine,
quand il fut remobilisé pour une
autre guerre. Ce coup d'arrêt là sera fatal. La dynamique enclanchée ne
reprendra pas, pas plus qu'elle ne se poursuivra pour le reste du village. Le
déclin du monde des petits paysans avait bel et bien commencé, sans que le
tocsin ne l'ait annoncée. Quelques années encore et ce monde aura disparu sans
qu'on n'y prenne garde ni qu'on s'en émeuve: dépérir ou partir, les plus vieux
resteront, les plus jeunes partiront.
Et aujourd'hui, que reste-t-il de tout cela ?
Village à
vendre ou à squatter!!! à réinventer? À oublier? Affaire classée? …
Photo du village vue satellite




Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire